Dans tous ses états, la nature humaine connaît bien des embarras.Il en va de sa condition, dépendante du système d'éducation qui, instruit au plus jeune âge, donnera naissance à la raison ou, dispensée par arbitrage,attirera les sanctions.
Quoique, l'enfant qui ne demande que d'exercer ses talents dans la cour de récréation, consistant à devenir le roi du ballon ou , avec l'adresse digitale d'un polisson, d'envoyer se choquer des billes de verre ou de plomb pour gagner l'admiration, est à l'écoute des plus grands pour comprendre les mécanismes et les rouages du monde qui lui demande d'être sage.
N'a-t-il pas, lui, appris ce monde, semé de béquilles ou de croques en jambe, de collibés de la part des filles, du coup de poing de son ennemi qui plus loin sera son ami, de la pluie qui vous inonde ou encore de la faim qui vous tenaille, sollitaire sur un lit de pailles.
Oui, l'enfant a bel et bien un avenir qu'il imagine comme le prolongement de ses délires, souhaitant jouer quand sonne l'heure de la pose, sans autre souci que celui de faire autre chose.
Mais,depuis sa petitesse en réduction par la taille, n'excluant pas sa largesse d'esprit encore moins celle de ses épaules,notre petit homme va découvrir, au hasard des années,les pièges savamment disposés sur son chemin, pouvant, en fonction du danger, lui faire regretter d'avoir été.
Ces mêmes désagréments inconnus des livres scolaires,qui vont, à force de colère, devenir très déprimants voir salutaires.Pourquoi ne pas apprendre à la classe, dès la primaire,les plaisirs du savoir plaire afin d'éviter plus tard mille affronts reçus par maladresse comme une leçon?
Le savoir des livres est assurement très valorisant mais en matière de création, il en est tout autrement.Réciter par coeur la chose lue et retenue ne reflète pas à premièr regard une preuve d'intelligence mais une bonne vue.
Il en va de même pour préférer l'ombre à la lumière, je veux dire de connaître bien des sciences sans l'annoncer, à l'inverse, ne connaître que l'apparence de la culture et l'éclairer afin que, sur la place publique, elle soit entendue.La création est un moyen de marquer sa différence en sortant d'un cadre bien trop doré sans pour autant sortir du rang, qui dans son ensemble agit socialement et rarement individuellement.
Exalter sa passion au sein du groupement quand la plupart suit obstinément le chemin de la majorité, réduite au platonisme d'avis trop fatigués, c'est faire apparaître au grand jour la vérité souvent cachée pour l'intérêt de je ne sais quel cours. Toutes les vérités sont bonnes à dire, les meilleures et mêmes les pires,quoique, les pires supportent quelques tourments, épousant le mensonge de bonne foi, évidemment.
Revenons à notre enfant qui, devant le tableau noir ne connaît encore point le désespoir.On lui demande de se tenir prêt à toutes formes de savoir,à toutes formes de labeurs pour peut-être,un soir, faire connaissance avec la gloire.